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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 22:51

 

 

 

Eh oui, car avec une poutine, un pâté chinois ou une tourtière, il faut faire descendre tout ça et même si de l’eau, il n’en manque pas dans ce pays, point trop n’en faut dans mon verre !

Non, je suis sur que vous préférez une bonne liqueur. Des bulles, des colorants, vous avez bien changé ! Et oui, au Québec, une liqueur, c’est un soda.

Non, au Canada et plus particulièrement au Québec, on boit de la bière, beaucoup de bière (un ordre d’idée, en 2003, 83 L / hab. de + 15 ans au Québec ; contre 143 L pour un allemand, et 41 L pour un français).

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C’est là que les choses se compliquent car si on va faire un tour au dépanneur du coin (mais non, pas le garage, l’épicier qui a un frigo avec de la bière, des liqueurs et des chips), on va trouver des caisses de bières abordables (Corrs, Molson, Labatt) mais, en ce qui me concerne, imbuvables (pas de matière, peu de bulles et franchement mauvaises au goût). Il n’en reste pas moins qu’il s’agit des bières les plus consommées ici et on assiste à des scènes cocasses. Le bucheron canadien qui sirote sa Corrs light, ça vous casse un mythe.

Donc pour boire des bonnes bières, il faut se tourner vers le dynamique marché des micro-brasseries. 68 sont actuellement recensées au Québec. Et là, oui, il y a moyen de se faire plaisir en dégustant, par exemple, une Fin du Monde, une bière triple fermentation, un peu alcoolisée avec ses 9° mais faut ce qu’il faut pour supporter la rigueur du climat !

De plus, il y a une vraie imagination dans les noms, le graphisme des étiquettes….

 

La bière représente environ 82 % de l’alcool consommé au Québec, le vin occupe une place plus modeste (15 %) et les spiritueux sont, en fait, assez marginaux dans la consommation québécoise avec 3 %. Cette forte consommation de bière explique pourquoi le canada apparaît comme un pays ou la consommation d’alcool pur / habitant reste raisonnable en comparaison de pays au niveau de vie équivalent. Près de 40 % inférieure à celle de la France.

 

Pour ce qui est du vin, passage obligé par la SAQ. Grosso-modo, il faut doubler le prix de la bouteille par rapport à la France mais malgré des tarifs supérieurs au vin du nouveau-monde, les vins français restent les plus consommés au Québec.

Il y a également une production locale de vin malgré la rigueur du climat. L’exploitation viticole est assez récente au Québec (une trentaine d’année) mais je ne peux vous en parler car je n’y ai pas gouté. (Par contre, ci certains sont intéressés, j’ai un bon travail universitaire (pdf) sur le vin au Québec que je peux envoyer)

 

Non, le produit que j’ai testé et qui m’a le plus séduit depuis que je suis arrivé au Québec, c’est le cidre de glace.

1-mars-060.JPG

Non, non, il ne s’agit pas d’un produit ancestral mais d’une production récente copié sur le modèle des vins de glace. Mais contrairement aux vins de glace ou vous pouvez trouver tout et n’importe quoi (en Amérique du nord), les producteurs de cidre de glace se sont organisés pour que l’appellation cidre de glace du Québec réponde à plusieurs critères :

Le « cidre de glace » est le cidre obtenu par la fermentation du jus de pommes, lequel doit, uniquement par le froid naturel, atteindre une concentration de sucre avant fermentation d’au moins 30 degrés Brix. Le produit fini doit atteindre une teneur en sucre résiduel d’au moins 130 grammes par litre et un titre alcoométrique acquis de plus de 7 % et d’au plus 13 % d’alcool par volume.

De plus, les spécificités suivantes doivent être rencontrées :

  1. Aucune chaptalisation ;
  2. Aucun ajout d’alcool ;
  3. Lors de la fabrication du cidre de glace, le recours au froid artificiel n’est permis qu’à des fins de précipitation malique et en autant que la température ne soit pas inférieure à moins 4 degrés Celsius ;
  4. Aucun arôme ou colorant ;
  5. Le titulaire qui fabrique un cidre de glace doit cultiver les pommes requises pour la fabrication de cette boisson alcoolique et exécuter à son établissement le pressage des pommes ainsi que les étapes ultérieures du processus de fabrication. Toutefois, un titulaire de permis de fabricant de cidre peut fabriquer un cidre de glace en utilisant au plus 50 % de pommes qu’il ne cultive pas ;
  6. Le cidre de glace peut être imprégné artificiellement d’anhydride carbonique à la condition que le volume d’anhydride carbonique dissout par volume de produit fini soit de 1,5 à 2,5 ou de 3,5 à 5,5 ;
  7. Le présent règlement est entré en vigueur le 4 décembre 2008.

Il existe deux procédés pour fabriquer le cidre de glace : la cryoconcentration et la cryoextraction naturelle.

Pour la cryoconcentration, les pommes sont récoltées et conservées au frais jusqu’aux grands froids. Les fruits sont pressés et le jus obtenu est placé dehors en janvier. En cristallisant, l’eau se sépare des sucres. Après quelques jours de froid intense, le moût concentré est recueilli par gravité, placé en cuves où il fermente à basse température au moins 6 mois avant d’être embouteillé.

L’autre méthode consiste à récolter des pommes qui ne tombent pas à l’automne. Le froid des mois de décembre et janvier, ainsi que le vent concentrent les sucres. Les pommes sont cueillies et pressées gelées.

Les variétés de pommes les plus utilisées sont la McIntosch, la Cortland, la Spartan, la Lobo, l’Empire.

Et en bouche, à quoi ressemble ce produit ? Pour ceux qui connaissent, je trouve qu’il y a beaucoup de similitudes avec des vins blancs liquoreux de type coteaux du layon vendange tardive. Le parfum de pomme en prime.

Si vous allez dans une cidrerie, vous serez amené à goûter de nombreux produits qui portent l’appellation cidre mais qui n’ont strictement rien à voir avec ce qu’on connait en France sous l’appellation cidre. Il s’agit souvent de produits d’assemblages ayant comme base le jus de pomme mais souvent parfumés (fraises, framboises, bleuets..) et auquel est parfois ajouté du gaz carbonique.

 

Pour conclure cet article sur les alcools, un petit coup de caribou, la boisson officiel du carnaval de Québec. Un mélange de vin rouge et d’alcool fort. A tester une fois pour découvrir, après…

 

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Published by typ.taupe - dans ça se mange
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commentaires

Frédéric 05/04/2010 20:39


Merci, bel article.
A titre d'info, les bières de type "Blanche de Chambly", "Fin du Monde", "3 pistoles", ... sont brassées dans l'usine de Robert Charlebois.
A +


typ.taupe 06/04/2010 00:31



oui, il a mis des billes dedans mais je crois que depuis ça a encore changé d'actionnaires.



RC tonton flingueur 04/04/2010 21:06


Comment peux-tu oser dire que le cidre de glace ressemble à du Coteaux du Layon "Vendanges Tardives"? Certes, c'est très bon, cela a la douceur du Layon (pas le goût) avec le goût du bon calva en
plus, mais si t'as oublié le Layon, il est grand temps que tu rentres à la maison, car le 2009 promet de belles choses...


typ.taupe 06/04/2010 00:29



j'avoue que je commence à perdre le goût des bonnes choses. Mais la comparaison porte plus sur le gras, surtout pour un cidre que j'ai eu l'occasion de gouter et qui a passé 3 ans en barrique.